HPI et rapport au corps
Épisode 1 : Quel corps ?
Certaines personnes peuvent rester assises à leur bureau, absorbées par leurs réflexions, pendant une dizaine d’heures sans ressentir la faim. D’autres s’agacent de devoir dormir alors qu’elles ont encore tant de projets en tête et repoussent autant que possible le moment d’aller se coucher. D’autres encore traitent leur corps comme un simple support logistique de leur activité mentale.
Beaucoup de HPI se reconnaîtront, en partie peut-être, dans cette étrange relation au corps, où ce dernier est devenu secondaire, voire absent.
Ce premier article inaugure une série consacrée aux rapports complexes qu’entretient le HPI avec son corps.
Caveat important :
- Il existe peu d’études scientifiques directement consacrées à ce sujet. Ce texte s’appuie donc essentiellement sur des observations, des témoignages et des partages d’expériences.
- La complexité du rapport au corps n’est pas propre aux HPI, mais elle s’y observe fréquemment et peu prendre des formes spécifiques.
Le corps nié
2 phénomènes contribuent à favoriser la négation du corps chez les HPI :
- Intellectualisation : Le HPI a construit son identité sur ses performances cognitives et se conçoit comme pur esprit ou, plus trivialement, comme un « cerveau sur pattes ». Il privilégie l’analyse cognitive et traite ses ressentis physiques et émotionnels comme des abstractions. Le corps n’est qu’un support fonctionnel de l’esprit. L’intellectualisation est parfois accentuée par l’environnement et la valorisation sociale de l’intellect : des parents qui récompensent de bonnes notes en mathématiques ou en latin plutôt qu’en sport.
La journée type du HPI dans l’oubli de son corps n’est consacrée qu’à des activités intellectuelles et cherche au contraire à limiter la part prise par des activités corporelles (hygiène, alimentation, repos, sport, etc.).
- Dissociation : le HPI se coupe de son corps. Ce phénomène s’observe aussi de manière plus large chez les victimes de traumatismes. Chez certains HPI très cognitifs, le corps est perçu comme un obstacle au travail intellectuel. Les besoins corporels viennent interrompre la réflexion : dormir est une perte de temps et certains vont chercher des méthodes pour dormir moins. La nécessité de se nourrir se réduit parfois à une boisson protéinée avalée devant l’ordinateur ou un livre, pour ne pas couper le fil de la réflexion, etc. Le HPI nie ses besoins physiques, n’écoute pas les signaux de fatigue ou de faim et ne remarque sa fatigue que lorsqu’il s’effondre.
Sur ce dernier point, la difficulté à percevoir correctement les signaux corporels, les chercheurs parlent parfois de troubles de l’intéroception, ou difficultés à percevoir la faim, la douleur, la fatigue, son rythme cardiaque ou des tensions internes. Ces troubles sont présents en particulier chez les profils neuroatypiques ainsi que chez les personnes hypersensibles.
Une stratégie d’adaptation… qui présente des limites
L’intellectualisation et la dissociation sont des mécanismes de défense. Elles ont donc une utilité. Chez le HPI, elles contribuent à :
- Préserver l’activité mentale. Le HPI se caractérise par l’intensité et la complexité de ses cogitations. Ces dernières sont souvent sources de plaisir intellectuelle et tout ce qui vient les interrompre est perçu comme gênant.
- Réguler l’hyperréactivité sensorielle présente chez des HPI.
- Éviter les débordements émotionnels.
Les limites de cette stratégie : Le corps est oublié jusqu’au moment où il se rappelle à votre bon souvenir par un burnout, une fatigue constante, de l’anxiété, des douleurs inexpliquées, etc. Le corps nié devient impossible à ignorer. Il se manifeste comme quelque chose qui « résiste » à l’intellectualisation et peut susciter l’excès inverse : la volonté de dominer le corps. Ce dernier point sera l’objet de la newsletter de la semaine prochaine intitulée « Épisode 2 : Tout est sous contrôle ». À suivre !
Qui suis-je ?
Je suis Florence Meyer, coach certifiée, auteur et membre de Mensa. J’aide les HPI et THPI à canaliser leur intensité, à révéler leur plein potentiel et à retrouver du plaisir dans leur vie professionnelle. Ce sujet vous parle ? Contactez-moi à champdupossible@gmail.com
La fiche-outil Corpus callosum
Reframing ou transformer son discours intérieur
Nous passons une grande partie de notre temps à nous parler intérieurement. Trop souvent, ce discours intérieur est négatif, de type :
« Je suis trop intense. »
« Je me disperse. »
« Je suis trop sensible. »
« Je réfléchis trop. »
Ces pensées ont un impact sur notre état d’esprit et viennent polluer notre estime de soi.
Comment en sortir ? Par le reframing (ou changer de cadre en bon français) : apprendre à reformuler une pensée automatique de manière à la rendre positive et fructueuse.
J’ai donc préparé pour les abonnés payants de Corpus Callosum une fiche-outil consacrée au reframing appliqué aux profils HPI : des exemples concrets, des reformulations directement utilisables et des pistes pour construire un discours intérieur plus aidant.
Bonne lecture !



