HPI et burnout
Quand le potentiel devient pression
Bon nombre de mes coachés à Haut Potentiel Intellectuel (HPI) sont, ou ont été, en burnout, je me suis donc intéressée de près à ce phénomène.
Contrairement à une idée répandue, le burnout du HPI est rarement lié à un épuisement physique et / ou intellectuel. Certes, les HPI ont souvent des difficultés à gérer leur énergie et ont tendance à s’investir très, voire trop, intensément. Mais bien souvent, s’il s’agit d’une activité choisie, porteuse de sens et épanouissante, le plaisir et l’état de flow qu’ils en retirent compensent la fatigue ressentie.
Le burnout du HPI est bien plutôt lié à des tensions internes :
- Le poids du « potentiel » à actualiser
Dans HPI, le mot « potentiel » peut être porteur de pression si la personne se sent obligé de constamment prouver sa valeur intellectuelle aux autres et de réussir. Une lectrice confiait avoir le sentiment d’être « attendue au tournant » par ses collègues à la moindre erreur, puisqu’elle avait la réputation d’être plus douée que les autres… Cette pression entretient un climat d’insécurité psychologique et sape la confiance en soi. À l’inverse, un travail trop facile à réaliser est également facteur de burnout : il génère un sentiment de gâchis intellectuel et d’inutilité.
- Un conflit de valeurs
L’éthique, les sentiments de justice et d’équité sont très forts chez les HPI. Or ces valeurs sont souvent malmenées dans la vie professionnelle : tel collaborateur aux performances médiocres est promu au détriment d’un autre plus méritant ; tel contrat est conclu tout en sachant qu’il ne répond pas aux réels besoins du client, etc. Les occasions sont nombreuses de voir ses valeurs bafouées. C’est une véritable source de souffrances pour les HPI alors que leur entourage a le sentiment qu’ils surréagissent à des événements courants et tolérés. Ce décalage consomme une énergie considérable pour « faire avec », jusqu’au jour où l’épuisement rend cette attitude impossible.
- Du temps libre à « rentabiliser »
Paradoxalement, le burnout peut toucher des personnes qui ont un emploi du temps plutôt équilibré avec des plages de temps libre. Ces dernières créent un stress de performance sur le mode « Que dois-je faire de ce temps libre ? Comment l’optimiser ? » et elles favorisent une (hyper) activité désordonnée. Pourtant, du temps en apparence oisif serait tout aussi utile au cerveau, mais un sentiment de culpabilité n’autorise pas le HPI à ne rien faire.
Le repos ne suffit pas
Cela explique que le repos seul ne soit pas toujours le remède le plus adapté au burnout du HPI : certes, il est nécessaire, car il permet de prendre du recul, de s’entourer des bons professionnels et de retrouver ce qui ressource. Mais en situation de burnout, le HPI doit aussi retrouver le juste niveau de stimulation dont il a besoin pour se sentir bien. La psychologue Lindsey Mack recommande par exemple de se ménager des temps d’activités qui nourrissent la curiosité et la créativité, et, surtout, qui soient dépourvues d’enjeux. Il s’agit ainsi de limiter le risque de course à la performance et de s’autoriser plutôt à explorer.
Le burnout ne dit pas seulement « je suis fatigué », il dit aussi « je ne trouve plus ma juste place ». À chacun de réinterroger alors ses engagements, ses critères de valeur et sa relation à la performance.
Qui suis-je ?
Je suis Florence Meyer, coach certifiée, auteur et membre de Mensa. J’aide les HPI et THPI à canaliser leur intensité, à révéler leur plein potentiel et à retrouver du plaisir dans leur vie professionnelle. Ce sujet vous parle ? Contactez-moi à champdupossible@gmail.com
Je viens de publier “Faut-il suivre sa passion ? Et si vos talents valaient mieux que vos passions ?” À commander ici.
Êtes-vous plutôt un « scanner », un explorateur, un polymathe ou bien un « diver », un expert, un spécialiste ? J’emprunte cette distinction à Barbara Sher, qui y voit deux modes de fonctionnement bien distincts.
Vous avez probablement une préférence naturelle pour un des deux types et cela a un impact à la fois sur votre style d’apprentissage, sur votre manière de gérer vos projets et sur votre vie professionnelle.
Je développe ce sujet dans un format audio (8 minutes) accessible ci-dessous aux abonnés payants.
Je présente dans cet audio les caractéristiques, atouts et limites des profils divers et scanners. Je reviendrai sur le sujet lors de prochains épisodes.
Bonne écoute !



Éclairant.
J’ajoute ceci sur le validisme des cerveaux administratifs.
En tant que co-responsable de L1/L1-LAS/L1 parcours adapté, je dois tous les ans faire des contrats pédagogiques pour les étudiants qui redoublent leur LAS. Comme le redoublement en LAS est interdit (sinon les médecins seraient bannis de l'élite), ils redoublent en L1 info classique. Mais, détail croustillant, les modules n'ont pas le même code dans les deux diplômes.
Pour que le logiciel reprenne les modules validés en LAS, il faut établir un contrat pédagogique, c'est bien sûr la responsabilité du responsable. Un passionnant fichier Excel où il faut établir la correspondance des codes et blah blah blah. On exporte en PDF et on transmet à la sco qui convoque l'étudiant pour signature. Une fois signé, le contrat papier est archivé et la gestionnaire de sco, une perle qui corrige mes bêtises, peut légalement procéder au transfert de note.
Quand j'ai demandé si on ne pouvait pas améliorer la situation ? (je passe sur l'établissement des contrats pédagogiques individuels pour *chaque* étudiant du parcours adapté qui a validé des modules dans cette année préparatoire ne donnant lieu à aucune validation, qui doivent être précisés par contrat pédagogique par le responsable pédagogique). Elle m'a répondu que de modifier les codes surchargerait la scolarité. J'ai donc fermé ma grande gueule pour pas me les mettre à dos et je continue à faire des contrats pédagogiques.
Le dernier contrat pédagogique que j'ai rédigé était le dernier. Ce n'est pas une tâche que mon déficit d'attention me permet d'exécuter correctement. Outre le fait que je fulmine d'une telle situation administrative, mon handicap me rend inadapté : je fais des bêtises, j'oublie des détails, je me trompe de ligne, je peste contre le logiciel merdique et ce putain d'unicloud.
C'est du validisme. En connaissance et prise de conscience de mon état, je refuserai désormais ce genre de tâche. Autant demander à un cuisinier de déboucher les chiottes (ou à un poisson de grimper aux arbres merci Laurent).